Turnigy FBL100, le clone du mCP-X

Turnigy est une marque chinoise connue pour ses batteries, beaucoup moins pour ses micro hélicoptères. Voilà qu’elle propose un appareil aux caractéristiques très proches de celles du Blade m-CP-X de Horizon Hobby. Nous voilà encore confrontés à l’un de ces appareils quasi-copie des originaux…

Apparu il y a deux ans déjà, le Blade mCP-X reste le premier micro hélicoptère capable d’évoluer en 3D. C’est-à-dire qu’il est doté d’un mécanisme dit « pas variable » : les hélices peuvent changer d’orientation pour permettre des vols sur le dos, des acrobaties. Bref, des évolutions qui défient la gravité. C’est aussi le premier modèle de Horizon Hobby doté d’un outil électronique de stabilisation appelé AS3X, maintenant généralisé sur la plupart des modèles (hélicoptères, quadricoptères et avions) de la marque. Seul le Solo Pro 100 3D de Nine Eagles et le Genius CP de Walkera sont venus taquiner cet appareil. Pour l’acquérir, il faut encore débourser 190 € avec une radio ou 130 € sans radio. C’est cher ! Sachant que les vols 3D sont risqués, le coût de l’appareil augmente encore si l’on doit compter les pièces à racheter au fur à mesure des inévitables crashes. Mais ça, c’était avant.

Tour du propriétaire

Maintenant, il faut compter avec le FBL100 de Turnigy, un appareil qui ressemble beaucoup au mCP-X ! Autant annoncer la couleur tout de suite : il est vendu 110 $ sur les boutiques chinoises. En ajoutant les frais de port et les taxes, cela ne représente pas plus de 110 €… avec une radio. Le look de l’appareil est très réussi, avec un canopy qui rappelle des modèles grand format et haut de gamme. Les pales sont lestées avec des ergots, un peu comme celles dites « vols stables » du mCP-X. A l’arrière se trouve le rotor de queue, dont le moteur est emprisonné dans une cage qui le protège bien, lui et ses fils d’alimentation. Le train d’atterrissage est haut, ce qui évite au rotor de queue de venir frotter au sol. Dommage, toutefois, qu’il soit fait d’un plastique si fin et si fragile. Les dimensions du FBL-100 ? 23,5 cm de longueur, 9,5 de hauteur. Le diamètre des deux pales est de 25 cm en tout. Celui du rotor arrière est de 4 cm.

Préliminaires

La ressemblance du FBL100 avec le mCP-X se poursuit avec l’emploi de batteries similaires – et totalement compatibles. Pourtant celles du mCP-X affichent 200 mAh, alors que celles du FBL100 sont des 300 mAh (1S 35C 3,7V). Voilà qui en théorie doit assurer une durée de vol un peu plus longue que les 5 minutes constatées avec le mCP-X (sans acrobaties). Un autre bon point : deux batteries sont fournies, avec un chargeur (qui n’en recharge qu’une à la fois). Côté radio, le package que nous avons acheté était fourni avec la FBL-6X. Absence d’écran LCD, le look simple : nous voilà en présence d’une radio d’entrée de gamme. Mais certainement pas « bas de gamme »… Ses manettes sont agréables, réglables en hauteur. Un bouton préréglé permet de basculer en mode « idle-up » pour le vol acrobatique, un bouton permet de couper le moteur. Ce qui change par rapport à une radio plus évoluée ? Impossible de savoir comment sont réglés les trims, il faut « y aller au pif ». Et rien ne permet de changer les réglages pour augmenter la sensibilité des commandes (ou la réduire). Si vous voulez régler les exponentiels, passez votre chemin. Sachez que Turnigy commercialise une autre radio (la FBL-6S), qui remédie à ces défauts : elle est dotée d’un écran LCD et de réglages avancés. Insérez les piles (il en suffit de 4, de type AA), branchez la batterie dans l’hélico, vous voilà prêt à décoller. Et à pratiquer la voltige, puisque tous les réglages sont effectués en usine. C’est bien agréable…

Premier vol

Le Blade mCP-X se révèle souvent capricieux, refusant de calibrer son gyroscope, ce qui requiert une séquence d’appairage complète (et un peu complexe). Rien à voir avec le FBL-100. Branchez la batterie, posez l’appareil au sol, à plat. Allumez la radio : les servos de l’hélico gigotent deux fois et se calment. La procédure n’a pas duré plus de 2 secondes. Poussez les gaz, l’appareil décolle… vite ! Il est puissant, et cela se ressent. Il répond parfaitement aux ordres, mais il réagit un peu comme un cheval nerveux. Les stationnaires sont faciles à tenir, mais le moindre écart vous emmène loin, vite. Ne tentez pas vos premiers vols en intérieur, ce serait risqué pour le mobilier. Dehors, même avec du vent, le FBL-100 se révèle un plaisir à piloter. Il monte rapidement, descend tout aussi vite en restant très stable. La queue et son rotor ont tendance à osciller un peu, signe sans doute que l’électronique de bord compense la position en continu. Aucun problème pour une ascension rapide, l’appareil reste bien droit. Il peut aussi prendre de la vitesse sans que le contrôle ne devienne difficile. D’ailleurs il est très agréable à regarder, notamment avec son canopy très réussi. Comme tous les micro-hélicoptères, veillez à ne pas le perdre de vue ! S’il part trop loin, vous risquez de perdre votre orientation. Or à une distance d’une cinquantaine de mètres, ce n’est plus qu’un petit point noir ! Comment se comporte-t-il au vent ? La vitesse de rotation élevée des pales lui permet d’affronter de belles bourrasques. Bien sûr, il faut s’accrocher un peu plus en pilotant, mais l’appareil résiste et fait face. La vidéo que vous trouverez plus bas a été tournée un jour de grand vent, dans le bois de Vincennes en région parisienne. Le FBL-100 est très peu affecté par les rafales…

Et en 3D ?

Nous n’allons pas en faire mystère, nos talents de pilote 3D sont très limités. Ce qui nous empêche de réaliser des vols complets sur le dos. Nous nous sommes cantonnés à passer sur le dos quelques secondes, puis revenir à l’endroit. Peut-être est-ce en raison des pales lestées ? Toujours est-il qu’il faut un peu de place pour réussir à se retourner, à la différence du mCP-X avec lequel on parvient à réaliser cette manœuvre dans un mouchoir de poche. Mais avec une pratique plus efficace de la 3D, nul doute qu’il est possible de réaliser des acrobaties dans un espace réduit. Un autre bon point : le FBL-100 coupe les moteurs en cas de crash. Cela limite les risques d’endommager les pièces mécaniques que sont la couronnes, les engrenages, le rotor arrière, les pales, les biellettes… L’autonomie ? Comptez environ 7 minutes à pleine puissance en vol classique. Il se pose définitivement après  7 minutes 40 secondes. Les acrobaties 3D sont possibles pendant 5 minutes, après quoi l’appareil perd trop en puissance.

Pièces détachées !

Nous l’avons vu, ce sont deux batteries qui sont fournies avec le FBL-100. Une excellente initiative ! A cela s’ajoutent une paire de pales et un rotor de queue supplémentaires (avec un tournevis et une clé Allen). Un peu spéciaux, puisqu’ils sont en plastique fluorescent. A vous les vols dans la pénombre ! Turnigy offre aussi des vis, deux tringles de servos et deux biellettes de rechange. Mais ce ne sont pas ces pièces qui ont lâché pendant nos essais ! Comme nous nous y attendions, c’est le train qui s’est brisé en plusieurs endroits, victime d’atterrissages un peu cavaliers. Rien de bien grave puisqu’un point de colle a remis les choses en place…

Au final ?

Nous avons été séduit par ce FBL-100, aussi maniable qu’un Blade mCP-X de Horizon Hobby, plus nerveux qu’un Solo Pro 100 3D de Nine Eagles, et moins fragile qu’un Genius CP de Walkera. Le tout pour un prix bien inférieur à celui des trois modèles concurrents cités – y compris en RTF, c’est-à-dire avec une radiocommande fournie ! Nous l’avons acquis auprès de Hobby King (http://www.hobbyking.com). Il est également commercialisé sous la marque Hisky, modèle FBL-100, sur plusieurs sites d’achat en ligne chinois (que nous n’avons pas essayés).

Et la vidéo !

Pensez à passer en plein écran pour mieux profiter de la vidéo…

 

 

Quelques photos supplémentaires

Turnigy FBL-100 à gauche, Horizon Hobby Blade mCP-X à droite

Turnigy FBL-100 à gauche, Horizon Hobby Blade mCP-X à droite

Horizon Hobby Blade mCP-X à droite, Turnigy FBL-100 à gauche

Turnigy FBL-100 à gauche, Horizon Hobby Blade mCP-X à droite