Hoten X, le test !

Une époque est définitivement révolue, celle des quadricoptères si compliqués à piloter qu’ils étaient réservés à une élite de radiomodélistes talentueux. Voici le Hoten X, de Walkera, un appareil étonnant de puissance, et tellement simple à prendre en mains…

Un (tout petit) peu d’histoire

Le premier constructeur qui a apporté un nouveau souffle a été le français Parrot, avec son AR.Drone à mi-chemin entre l’appareil de radiomodélisme et le jouet. L’américain Horizon Hobby a ensuite dégainé avec le Blade mQX, un quadricoptère de petite taille, doté d’une stabilisation efficace. Le chinois Walkera a finalement sorti le micro quadricoptère Ladybird, un appareil d’un type vraiment nouveau : il peut être piloté en intérieur sans craindre le pire, et résiste à des crashes impressionnants. Bref, un bonheur pour les pilotes débutants, et un plaisir pour les plus chevronnés. Walkera a également proposé le MX400, un quadricoptère bien plus gros, destiné aux pilotes expérimentés. Le constructeur chinois a décidé de continuer à battre le fer tant qu’il est toujours chaud. Il propose désormais un modèle de taille intermédiaire, entre le Ladybird et le MX400 : le Hoten X…

Tour du propriétaire

Les photos sur le site de Walkera ou sur les boutiques de leurs revendeurs peuvent laisser supposer qu’il s’agit d’un petit modèle d’intérieur. Pas du tout ! Sachez qu’une seule hélice du Hoten X est plus grande que le Ladybird ! Chaque pale mesure 18,5 cm de longueur. L’appareil tient dans un carré de 26,5 cm de côté (sans compter les hélices), pour une hauteur de 9,5 cm. Le train d’atterrissage est assez large, plutôt haut. Suffisamment en tous cas pour placer une caméra grand format, de la taille d’une GoPro par exemple. La structure est faite de carbone, avec une finition absolument remarquable. Les cages de moteurs sont particulièrement bien usinées, et le tout donne confiance. Les moteurs, justement, sont de type brushless : ils se révèlent plus efficaces et plus pêchus que des moteurs classiques. C’est maintenant une habitude chez Walkera, les hélices orange indiquent l’arrière de l’appareil, celles en noir montrent l’avant. Un choix un peu déroutant. On s’y fait… mais s’il ne vous convient pas, rien ne vous empêche de changer la place des hélices.

Le canopy, c’est-à-dire la protection qui coiffe le Hoten X, ressemble à une goutte d’eau. Mais le motif utilisé, gris avec des rivets, évoque la carlingue d’un vieux zinc. Ou même, pour ceux qui se souviennent des illustrations façon 19e siècle, de la coque du Nautilus du capitaine Némo. Tout est histoire de goût. Nous ne l’avons pas trouvé moche, mais pas joli pour autant. L’arrière, en forme de pointe, permet (à courte distance) de mieux repérer l’orientation du Hoten X. Nous avons en revanche apprécié la présence de deux diodes blanches fixes à l’avant de l’appareil, et deux diodes rouges à l’arrière (qui clignotent très rapidement). Mais les câbles qui les relient à l’électronique embarquée sont courts, ils rendent difficiles le retrait du canopy. D’ailleurs, pour l’ôter complètement, il est impératif de débrancher les diodes. Pas pratique. La batterie est une 7,4V 1000 mAh 20C, livrée avec un chargeur secteur. Comptez 1 heure et 30 minutes pour une charge complète. Nous avons utilisé le Hoten X avec une radio Devo 7, mais l’engin est compatible avec toutes les radios récentes de Walkera (de la Devo 6 à la Devo 12, en passant par la 2402D).

Premier décollage

Placez la batterie dans son réceptacle – des crans flexibles la maintiennent en place -, les diodes à l’arrière clignotent. Allumez la radio, les diodes s’éteignent. Attendez un peu, elles se remettent à clignoter puis passent à clignotement très rapide. Le Hoten X émet un petit bruit, les moteurs bougent le temps d’un calibrage. Et voilà l’appareil prêt à voler. Si vous l’avez placé bien à plat, le gyroscope et son logiciel s’occupent de maintenir l’engin pour que le vol soit stable. Poussez les gaz, mais pas trop : il part vite ! Pas besoin de talents de pilote émérite pour placer le Hoten X en vol stationnaire… et c’est là tout l’intérêt de ce modèle. D’ailleurs, avec un peu de pratique, vous pourrez voler dans un mouchoir de poche. Ou en intérieur. Mais attention, ses pales de près de 20 cm sont des lames de rasoir pour des doigts qui passeraient trop près. Ou toute autre partie du corps. Ou un animal. Ou du mobilier. Bref, c’est un quadricoptère d’extérieur, prévu pour voler en gardant une distance de sécurité entre lui et tout obstacle éventuel.

Si vous poussez les gaz à fond, le Hoten X grimpe à la verticale à une vitesse impressionnante, tout en restant très stable. La descente, en revanche, souffre du mal habituel des appareils stabilisés par un gyroscope. Il faut éviter de le laisser prendre de la vitesse, sans quoi il se déséquilibre beaucoup, jusqu’à se renverser. Et là, c’est le drame assuré ! Toute la difficulté consiste à doser les gaz pour assurer une descente lente et régulière, bien qu’on le distingue mal lorsqu’il est haut, et qu’on ne l’entende pas. En revanche, à la différence des micro quadricoptères que sont le Ladybird, le Spacewalker et le Scorpion, le Hoten X est capable de prendre de l’inclinaison lorsqu’il tourne. Ce qui permet de réaliser des virages serrés sans qu’il ne décide de partir tout droit. Le Ladybird et ses camarades produisent un sifflement qui s’ajoute au vrombissement des pales. Ce sifflement est également présent sur le Hoten X, très prononcé puisqu’il n’est pas couvert par le bruit des pales, mais surtout beaucoup plus aigu. Impossible de passer inaperçu, du coup. Mais l’appareil n’est pas vraiment conçu pour l’espionnage et les missions furtives…

Qualités et défauts

Le plaisir de voler est intense avec cet appareil. Malgré sa taille imposante, il donne une impression de facilité et de maîtrise… Attention à ne pas vous laisser prendre au piège : son poids et son envergure ne pardonnent pas les erreurs de pilotage aussi facilement que le Ladybird ! Une grosse chute est fatale à une ou plusieurs hélices. La structure carbone et le train d’atterrissage ont résisté à des chocs plutôt violents, c’est bon signe. De petits capuchons de caoutchouc sont fixés aux extrémités des patins, pour amortir le choc de l’atterrissage. Sachez qu’ils vont s’échapper au premier rebond mal contrôlé. Avec leur taille (un demi-centimètre), leur couleur (noir mat), ils partent loin… Mais ils ne sont pas du tout indispensables, loin de là.

Voler avec du vent est compliqué pour un quadricoptère. Le Ladybird s’en sort plutôt bien, mais le Hoten X est beaucoup plus sensible aux bourrasques. Certes le gyroscope travaille dur, mais cela ne suffit pas vraiment. Les pales sont de grande taille, elles offrent sans doute une trop grande prise au vent, qui n’est pas compensée par une vitesse de rotation suffisante. Mieux donc voler par temps calme, et ne se risquer par grand vent qu’une fois acquise la maîtrise de l’appareil… Les quatre diodes logées dans le canopy sont une excellente idée, d’autant qu’elles sont finalement assez discrètes. Un bon point si vous n’appréciez pas forcément de voir votre quad arborer la panoplie de la fièvre du samedi soir… Quand il n’y a pas beaucoup de lumière, les diodes sont idéales pour indiquer où se trouvent l’avant et l’arrière. Mais en plein soleil, on ne les voit presque pas. Dommage.

Plus gênant, comme nous l’avons déjà vu, les fils électriques qui les alimentent empêchent de retirer entièrement le canopy. Notez que les diodes arrière habituellement en rouge passent en bleu lorsque vous choisissez le mode acrobatie (avec une manette sur les radios Devo, ou une manipulation sur la 2402D). Et ce mode acrobatie, alors ? Comme pour le Ladybird, il limite l’intervention du gyroscope, ce qui permet de basculer vers la gauche ou la droite (tonneau), l’avant ou l’arrière (looping). Mais ces acrobaties ne sont pas aussi rapides qu’avec le Ladybird, ce qui semble normal vu la grande taille des hélices. Il convient d’exécuter le mouvement en altitude pour avoir le temps de redresser et de stabiliser l’appareil. Paradoxalement, la stabilisation en fin de figure se révèle plus simple qu’avec le Ladybird, sans doute parce que le mouvement est plus lent. Mais attention, une petite erreur de dosage et voilà le Hoten X à l’envers, au sol en quelques dixièmes de seconde…

L’autonomie est une excellente surprise, puisque nos essais ont mis en évidence des vols qui ont duré 12 minutes à pleine puissance, avec une batterie définitivement déchargée au bout de 13 minutes et 40 secondes. C’est bien, très bien même, en comparaison avec d’autres petits quadricoptères ! Le Hoten X offre des données de télémétrie, mais nous ne les avons pas essayées faute de radio adéquate (il faut un modèle libellé « S »).

Le PTAC…

PTAC ? Poids Total Autorisé en Charge ! Dès le premier vol, on ne pose inévitablement la question : quel poids le Hoten X est-il capable d’embarquer ? Sous-entendu : quelle caméra est-il en mesure de supporter ? Le modèle que nous avons acheté était équipé d’une caméra DV01 de Walkera. Un conseil ? Evitez cet accessoire ! Sa résolution est limitée à un antédiluvien VGA (640 x 480 pixels, soit 0,3 mégapixel), avec des couleurs défraîchies. On peut tout de même lui trouver deux intérêts. Le premier consiste à tirer son énergie de la batterie du Hoten X, ce qui permet à l’ensemble de rester léger et de garder la pêche. Le second est la possibilité de le contrôler à distance, via la manette Gear de la radiocommande. Bonne idée. Mais d’une part cela ne permet pas de choisir entre prise de vues et vidéo (il faut actionner un poussoir avant le décollage), d’autre part le déclenchement est un peu aléatoire. De quoi se retrouver, comme cela nous est arrivé, sans aucune vidéo à l’atterrissage. Oublions donc cette caméra, qui va nous faire gagner quelques précieux grammes.

Nous avons placé une caméra GoPro (version 2) sous le Hoten X. Evidemment, nous l’avons débarrassée de tous ses équipements superflus pour ne conserver que le boîtier. L’appareil vient se caler entre les picots de la cage destinée à accueillir la batterie. Dommage, il manque un demi-centimètre pour que la caméra ne touche pas le sol. Si vous avez la possibilité de décoller et d’atterrir dans de l’herbe, cela ne pose aucun problème. Dans le cas contraire, la GoPro ne va pas apprécier de servir de train d’atterrissage. Il faudra donc resserrer les patins (pas facile et cela risque de rendre l’appareil difficile à poser) ou bien ajouter de la mousse sous les patins pour les surélever… Mais cela vaut le coup de « bidouiller » ! Car le Hoten X décolle sans aucun problème avec la GoPro, on perçoit à peine la charge supplémentaire. Il reste très maniable, rapide en ascension, en prise de vitesse horizontale, en freinage. Les vibrations sont légères. Bien sûr, la qualité de l’image n’égale pas celle que l’on peut obtenir avec un support de caméra stabilisé. Mais elle suffit pour des prises de vues aériennes (surtout en mode 50 images par seconde ralenti pour assouplir le mouvement), ou des photos en rafale comme la GoPro sait si bien le faire ! L’autonomie est amputée de quelques minutes avec cette charge : l’appareil donne des signes de fatigue au bout de 7 minutes environ.

En résumé

N’y allons pas par quatre chemins, le Hoten X nous a ravis ! Si vous avez apprécié le Ladybird ou l’un de ses dérivés, il est probable que cet appareil vous séduise aussi. Bien qu’il soit plus imposant, prévu pour un usage en extérieur, son pilotage s’avère très similaire. Sa stabilité est rassurante, ce qui facilite sa prise en mains même sans être un as du pilotage. Attention tout de même, ce n’est certainement pas un quadricoptère pour débuter ! Vous risqueriez des crashes trop rapides et trop frustrants. Préférez d’abord vous entraîner sur un Ladybird. Puis passez à la taille et la vitesse supérieures…

Le prix ? Le Hoten X est disponible chez OOmodel.com pour 170 € environ en version BnF (sans radio), hors frais de port et taxes. C’est où nous l’avons acheté. Mais toutes les boutiques chinoises de commerce en ligne le proposent aussi. Il faudra sans doute attendre un peu pour qu’il apparaisse chez les revendeurs français.

La vidéo !

 

Passez en plein écran pour mieux en profiter…

 

Une autre vidéo !

 

Et quelques vidéos shootées depuis une caméra GoPro Hero 2 embarquée. Le montage se révèle simple et immédiat : 2 bouts de scotch et c’est parti ! Les habitués du site reconnaitront l’esplanade des Invalides et les toits de Paris !

Merci à Virginie pour le prêt de la GoPro 2 :)

Comme toujours, passez en plein écran pour mieux profiter de la vidéo.

 

Quelques photos supplémentaires